16 avril 2010
Un grand merci à Catherine pour la traduction

J : Pour combien de temps êtes-vous à Londres ?
K : juste pour quelques jours
J : Je suis content de vous recevoir. Allez-vous rendre visite à des amis ?
K : oui, j’ai des amis ici, des gens avec qui je travaille. Mon beau fils (my son in law) vit ici
J : quel film avez-vous tourné à Londres ?
K : les trois mousquetaires et Chicago Joe et la show girl, ça fait à peu près 20 ans
J : vous m’avez promis de me montrer vos tatouages
K : oui, si vous lancé comme un footballeur (foot américain)
J : je suppose que c’est une période ou vous êtes très excité et triste, car c’est la dernière saison de 24 ? Vous auriez pu en tourner 10 de plus
K : on voulait faire l’adaptation ciné depuis longtemps, mais c’était trop demander aux scénaristes
J : c’est l’équivalent de 12 films ?
K : oui, l’équivalent de 12 films par an. On a toujours été d’accord de ne pas faire le film tant que la série continuait. Puis Howard Gordon a dit « on fait le film ». Ça va être un bon changement pour nous, car la série a toujours reposé sur le temps réel. Le film sera une représentation d’une journée. Dans la série, la crise venait à nous, là on va pouvoir aller la chercher
J : là au moins, on ne vous posera plus la question « quand va-t-il aux toilettes » ?
K : on va y consacrer un grand moment. Ça va même être la fin du film. A la fin du film, il va manger un hot dog et aller au WC
J : et il va charger son portable
K : et enfin, son portable ne va pas fonctionner
J : ça a été un succès énorme pour vous ?
K : c’est le rôle de ma vie. Et donc, c’est une situation à la fois douce et amère. Même si Howard et moi, on pense avoir fait le bon choix de terminer la série et de faire un film. On n’a pas été préparé à ce genre de réaction émotionnelle, on travaille avec la même équipe exactement comme vous, vous avez votre équipe et d’ailleurs votre équipe est très sympa…
On a travaillé ensemble 14 heures par jour, 5 jours par semaine pendant des années. Ces gens sont devenus comme une famille, car je passais plus de temps avec eux qu’avec ma vraie famille.
Le dernier jour, tout le monde était drôle. C’était super, tout le monde riait, mais même les plus durs ont été très émus. J’ai vu qu’il y avait des types très durs qui ont été affectés, c’était émouvant.
J : Vous étiez-vous préparé à ce moment ?
K : oui, je voulais exprimer ce que ces moments avaient représenté pour moi. Mes lèvres ont tremblé en disant ces quelques mots et je suis resté sans voix. On pense toujours être préparé à cela, mais c’est plus difficile que je ne pensais
J : est-ce une bonne saison ?
K : on a essayé de se servir de ce qu’on avait appris des autres saisons. Et la 8e est le résultat de notre expérience des saisons précédentes. On a essayé de ne pas refaire les mêmes erreurs. Ce qui a été bien pour les auteurs, c’est de savoir qu’on était à la fin.
Dans les autres saisons, Jack a fait face à des crises graves où le monde était en danger. Dans la 8e saison, Howard Gordon, l’auteur n’a pas mis le monde en danger, et pour la première fois, les circonstances font que jack en à ras le bol
J : Ah bon, il en a assez ?
K : là, il en a assez et il pète les plombs
J : oui, il y a de quoi
Il a été torturé par les Chinois, il coupe la main d’un ami, il a été mort et est revenus à la vie…
K : 2 fois !
J : et si avec cela, il n’en a pas marre
K : oui, je pense que vous allez aimer la fin
J : finalement, il va aller aux toilettes ?
K : s’il arrive à les trouver
J : et c’est là qu’il va coincer sa braguette.
Quand les gens vous rencontrent, ils s’attendent plus à voir Jack que vous ?
K : on m’appelle plus Jack que par mon vrai prénom. Le pire, c’est que je réponds
La principale différence entre Jack et moi, est que Jack est toujours pressé. Quand je rentre dans un restaurant, je demande un verre d’eau, Jack (il prend la voix de Jack Bauer)
Stop funny (dit-il à Jonathan Ross)
J : non, c’est drôle jack
Mince je vous ai appelé Jack
K : vous faîtes ce que vous voulez, c’est votre émission
Je ne veux pas faire de spoilers, mais il y a des moments très durs à la fin. La dernière scène que l’on a tournée était numérotée 24-24, c’était assez bizarre.
A la fin de la saison, tout va se remettre dans l’ordre par rapport au début
J : est-ce qu’à la fin il va monter ses émotions ?
K : je ne peux pas vous le dire. Mais oui, il y aura beaucoup d’émotions
J : et vous dans votre vie, montrez-vous vos émotions parce que je sais que vous aimez faire la fête ?
K : oui
J : c’est une chose très saine
K : merci
J : est-ce que vous avez des émotions ?
K : de temps en temps
Vous avez des enfants ?
J : oui
K : je suis émus dans ces moments là. Ma fille vient d’être diplômée de l’université de New York. Elle a été en tête de liste. Elle avait l’habit des diplômés, et elle m’a donné une lettre. Je n’avais pas mes lunettes et j’ai vu monsieur Sutherland, nous avons l’honneur de … Quoi, ils veulent encore de l’argent ! Je pensais que la lettre m’était adressée. Et elle m’a dit, mais non papa, ça m’est adressé. Avec mes lunettes, j’ai vu que la lettre parlait de ses diplômes et de ses résultats. J’ai été très ému.
C’est très étonnant pour moi, car je n’ai pas fait d’étude. C’est super !
J : c’est difficile à croire, mais vous êtes grand-père
K : j’ai un petit fils de 4 ans qui s’appelle Hamish
J : le prenez-vous dans vos bras ?
K : oui de temps en temps

K : ma fille ainée Michelle n’a pas fait d’étude. J’ai beaucoup plus de choses en commun avec elle, en particulier de la façon dont on a vécu.
J : alors, il s’appelle Hamish
K : oui, c’est d’origine écossaise
J : Donald, c’est aussi un prénom écossais. Ça, c’est le côté écossais de votre famille
K : ma fille s’est mariée avec un écossais qui s’appelle Adam Sinclair. Ce qui est drôle. Non pas le fait qu’elle se soit mariée. La moitié de la famille de Michelle est d’origine porto ricaine et quand ils ont entendu Hamish, ils n’ont pas aimé.
La famille de mon côté, a trouvé ça génial. On lui a apporté un kilt
J : ce qui doit être gênant pour des portos ricains
K : oui en effet
J : vous n’avez pas l’accent écossais ?
K : quand j’ai bu quelques verres, ça arrive
J : et vous aimez bien le scotch
K : oui bien sûr, je ne bois que ça d’ailleurs
J : oui, mais vous buvez beaucoup
K : pas autant que vous pouvez vous imaginer, mais j’ai ma part
J : la dernière fois qu’on s’est vu, vous n’étiez pas grand-père et vous avez été en prison
K : oui, j’ai fait des erreurs, j’ai fait une erreur vraiment stupide et à plusieurs points de vue. J’étais à une soirée, j’avais bu quelques verres et je suis rentré chez moi en voiture et j’avais bu plus que la limite légale. J’ai fait cela pendant le tournage de 24, qui a été le plus beau cadeau de ma vie. J’ai mis beaucoup de choses en danger. L’équipe, dont je me sens responsable, c’est leur gagne-pain, c’est avec cela qu’ils font manger leur enfant.
J’ai profité alors de la grève des scénaristes. Quand je suis allé au procès, j’ai demandé quelle serait la peine maximum, on m’a dit 3 mois et j’ai décidé de la faire de suite.
J : vous avez fait ça pour l’équipe ?
K : pas seulement, c’est une bêtise stupide que j’avais déjà faite. J’étais vraiment honteux et c’était une façon de tirer une leçon de cela donc je l’ai fait
J : c’était comment la prison ?
K : c’était super ! Non, c’était affreux. Les gardiens étaient inquiets pour ma sécurité, donc on m’a mis seul
J : oui, vous n’aviez pas de codétenu pour vous protéger
K : oui et je n’avais jamais passé plus de 24 heures seul et tout ce que je connaissais de la prison, c’est ce que j’en ai vu au cinéma. Je pensais que j’allais être arnaqué. J’ai essayé de faire des pompes, mais j’avais la tête sous l’évier alors j’ai arrêté. C’est bien organisé, c’est un endroit où on n’a pas envie d’être
J : vous n’avez pas envie d’y retourner
K : bien sûr que non
J : ma question est peut être stupide, mais est-ce que les autres on pensé, c’est Jack Bauer, il va s’enfuir très vite et on va en profiter et être dehors dans 1 heure ?
K : je dois dire que tout le monde a été très sympa avec moi
J : Je suis content que vous fassiez un film, car je suis fan
K : merci
J : du coup, vous allez avoir du temps libre
K : oui, je n’avais pas pensé à cela. On s’est arrêté il y a 5 jours et j’aime beaucoup travailler. La dernière fois que j’ai eu autant de temps, c’est quand j’ai commencé le rodéo
J : moi, ça m’est arrivé d’avoir du temps, mais je n’ai pas pensé au rodéo
K : je suis allé vivre au Montana pour faire du ski et en été je ne savais pas quoi faire. J’ai commencé à aimer les chevaux pendant le tournage de Young Guns. Mes voisins élevaient du bétail et ils m’ont appris le lasso. J’ai rejoint le championnat national des USA. J’ai gagné le championnat en 1994 et 1996.
J : c’est vrai cela ? Excusez-moi, mais le rodéo, je n’y connais rien. C’est quand vous êtes sur un cheval et que vous attrapez un autre cheval avec un lasso ?
K : il y a 5 choses différentes. Ça a été inventé lors de la conquête de l’ouest. Tous les fermiers se réunissaient pour montrer leur habileté
Le team roping
Le bull riding…
…
J : mais alors, vous êtes capable de prendre une vache au lasso. C’est une drôle de compétence, ça ne sert à rien pourtant
K : à ça, vous seriez surpris. C’est un moyen excellent de rencontrer des filles, vous les attrapez au lasso par les pieds. Peut-être que je referais cela au printemps
J : est-ce que vous avez d’autres talents de western. Par exemple, est-ce que vous êtes bon pour vous servir d’une arme ?
K : oui, je suis compétent. Parce que j’en ai beaucoup utilisé dans les films. Dans Young Guns, j’utilisais un fusil. Dans les films, j’ai tellement eu à m’en servir. Dans 24, j’ai utilisé presque toutes les armes
J : quelle est la meilleure que vous avez utilisé, la plus amusante ?
K : la mitraillette 50 mm. Ça secoue. Quand on tourne ces scènes, c’est fantastique, mais je ne recommande par ça pour tous les jours ni pour quelqu’un d’autre, mais sur la série c’est amusant. Quand vous ouvrez une porte avec une arme à la main, vous vous sentez un dur
J : refaite-le ! Comment est-ce que vous tirez dans 24 ? Avec le flingue droit. Dans d’autres films, on les voit tirer comme cela (il fait le geste)
K : Je ne sais pas comment ça a commencé, car si on tient l’arme d’une manière horizontale, on reçoit les douilles à la figure et on ne peut pas viser comme cela.
J : j’espère vous revoir
Mesdames et Messieurs, Monsieur Kiefer Sutherland